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TAPAN, depuis les clubs de Belgrade

☞ RIDE THE RHYTHM ☜
Cornelius Doctor & Tushen Raï prennent le contrôle de Nova Lyon (89.8 FM) tous les 1er vendredi soirs de 22h00 à 00h00.

Special Guest :  TAPAN / BELGRADE, Serbie)


Quels sont les ingrédients du projet TAPAN ?

(Nebojša) A la base c’est moi (Nebojša) et Goran, mais on joue aussi avec 2 ou 3 autres membres lorsqu’on joue en live.Fedja est à la percussion, Jamal au saxophone et Pavle à la guitare.

Gora, peux-tu nous en dire plus sur ton curriculum vitae ? Tu as plusieurs projets musicaux en dehors de TAPAN (Belgradeyard Sound System, Piece of Shh, Brickwall Brigade) ?

(Goran) En fait ça fait plus de 15 ans que je fais de la musique maintenant. J’ai fait pas mal de trucs, comme du free jazz, du 2-step ou bien du techy-dubstep… Pour l’instant je travaille uniquement le projet de Tapan et ça fait maintenant quelques années que je me suis éloigné de mes autres projets. Mais peut-être que j’y reviendrai un jour si j’ai de l’inspiration, on ne sait jamais ! 

Comment en êtes-vous venus à travailler ensemble ? 

(Nebojša) Tout s’est vraiment passé de manière spontanée. On se connaissait depuis très longtemps et un jour je suis allé au studio de Goran pour mixer un de mes sons. À partir de là on a décidé de faire plus de sons ensemble parce que notre collab avait un flow très naturel et super plaisant.

Nebojša, quel lien entretiens-tu avec le Klub 20/44 ?

Je pourrais dire que je suis presque comme un résident là-bas. Mais avant toute chose c’est une histoire d’amis. Avec 2 autres amis, je gère un club qui s’appelle Disco Not Disco et la plupart de nos soirées ont lieu sur le bateau. Comme nous étions là depuis le débuts, on a eu un certain impact sur la programmation musicale du lieu.

Quelle est votre vision profonde de la musique, que cherchez-vous à transmettre à travers les ondes sonores de TAPAN ?

La chose la plus importante est celle de transmettre des émotions honnêtes à travers la musique, et je pense que c’est la seule manière de la rendre intemporelle. Et nous voulons rendre notre musique intemporelle.   

Que vous a apportez votre rapprochement avec Multi-Culti Records ? Quel est votre set-up pour vos lives ?

Katzi et Asaf (fondateurs de Malka Tuti) sont deux personnes géniales qui connaissent très bien l’industrie musicales et qui ont des vrais goûts musicaux. On pense que ce label est un regroupement d’artistes super talentueux et pas si populaires, c’est pourquoi on correspond si bien au projet ! Et maintenant que le label gagne en notoriété, de plus en plus de gens connaissent Tapan.

Dans le but d’obtenir ce son spécifique à notre groupe lorsqu’on est sur scène, on a besoin d’un certain nombre d’équipements. Deux d’entre nous jouent s’occupent des synthés, des drum machines, séquenceurs, sampleurs, ou des pédales de guitares, pendant que Fedja et Jamal utilisent les percussions, la batterie, la flûte, et quelques saxophones…

Était-il important pour vous de construire un projet live ? S’entourer de musiciens pour performer à l’unisson ? Quels sont les musiciens qui vous accompagnent ? Présentez-les nous ?

C’était pas essentiel dans un premier temps, mais comme l’album Europa a commencé à évoluer, et comme on enregistrait de plus en plus d’instruments live, on a pensé que ça donnerait un super live.

Fedja est un percussionniste très expérimenté et Jamal jouait avec Belgradeyard Sound System, mettre le groupe sur pied n’était donc pas si compliqué !

Comment qualifieriez-vous le son de Belgrade qui résonne aujourd’hui sur toute la scène européenne ?

Ah bon, vous trouvez que ça résonne ? On savait pas. Disons que la scène musicale de Belgrade a déjà  vu de meilleurs jours. De manière générale il y a de bons groupes de rock et quelques groupes de jazz émergeants, mais il n’y a vraiment pas tant de groupes expérimentaux que ça. La scène techno a toujours été très présente ici, et c’est toujours le cas.

Comment est la vie dans les clubs de Belgrade ? Quelles ont été les évolutions des clubs de la ville depuis 1994 ?

Je dois avouer qu’on sort pas tant que ça, et quand on sort c’est soit au “boat” 20/44 soit au Drugstore. Donc je n’ai pas tellement d’infos à propos de ce qu’il se passe dans les autres clubs à Belgrade. Mais ces derniers temps il y a beaucoup de collectifs de DJ qui essayent de faire des soirées vraiment sympa et qui apportent quelque chose de différent. Je pense que nous ne sommes plus autant isolés que dans les années 90. Un des points positifs c’est qu’on a plein d’options pour sortir, mais d’un autre côté, beaucoup de choses intéressantes passent inaperçu.

Votre dernier album a circulé dans les bacs de nombreux dj’s spécialisé, comment appréhender vous cette vague d’écoutes et de démocratisation de votre création ?

“Vague d’écoute” est un terme un peu fort ! On a un public, mais qui reste restreint. C’est surtout des passionnés de musique, “des diggers”. C’est les meilleurs ! Mais malheureusement, il ne reste plus beaucoup de personnes comme ça aujourd’hui.

Merci à Nebojša & Goran aka TAPAN | Tushen Raï & Cornelius Doctor (Nos Radio Host)
Retrouvez le podcast de l’émission Ride The Rythm sur notre partenaire Nova Lyon

Interview par Julien Gatto

Traduite par Jean-Baptiste Bland