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The National au P4K Paris 2017

A l’occasion de sa 7eme édition, le Pitchfork Music Festival Paris nous avait concocté une petite surprise avec, comme première tête d’affiche, les Américains de The National. Habitués des événements organisés par le prestigieux média, ces derniers ont eu l’honneur de nous programmer le Line-up de ce Jeudi 2 Novembre. C’était donc avec un grand plaisir que nous avons pu retrouver This Is The Kit, Chassol, Ride ou encore Rone pour cette première journée de festival.

One Night By : The National, c’est comme un hommage rendu par le Pitchfork Music Festival au mythique groupe américain. Avec 18 années d’activité et 7 albums au compteur, The National est devenu au fil des années une véritable référence pour les amateurs d’indie-rock. Originaire de l’Ohio, ce groupe atypique, emmené par le charismatique Matt Berninger et composé de deux fratries de musiciens hors-pairs ; Les Dessner (Guitares et Piano) et les Devendorf (Basse et Batterie), était donc particulièrement attendu par le public parisien. Hormis un concert intimiste au Centquatres organisé par Pitchfork le 22 Juin dernier, les occasions de voir le groupe en live se font assez rares dans l’hexagone.

Nous étions donc impatients à l’idée de découvrir les nouveaux morceaux tirés de leur excellent septième opus « Sleep Well Beast ». Sorti le 8 Septembre dernier chez 4AD, cette nouvelle pépite d’une beauté bouleversante ne laisse personne indifférent. Plus doux et mélancolique que ses prédécesseurs, teinté de passage plus électroniques voir expérimentaux, le rendu live ne pouvait qu’être aue réussi quand on connaît la qualité des concerts proposés par le groupe.

Programmé à 23h10, une foule déjà importante se masse devant la grande scène lorsque Kévin Morby débute son set de son côté, sur l’autre scène. Comme d’habitude, c’est Bryan Devendorf qui assure les balances de sa batterie. Un moment privilégié pour observer la technique et la rythmique si particulière du batteur, pièce maitresse dans la signature sonore du groupe. Dès les dernières notes du live de Morby, l’excitation gagne la foule. Au-dessus de la scène, l’écran géant retransmet sur fond de « Guns Of Brixton » de The Clash l’arrivée du groupe sous les acclamations du public parisien.

Peu joué ces derniers temp en live, c’est Karen issus de l’album « Alligator » (2005) qui lance les hostilités, suivi du premier single de Sleep Well Beast, The System Only Dream in Total Darkness avec son riff de guitare accrocheur et son refrain entrainant. La présentation du nouvel album se poursuit avec Walk It Back et Guilty Party, des morceaux plutôt calmes, mélancoliques et aériens qui mettent en lumière le génie qu’est Bryan Devendorf à la batterie.  Sur scène, Berninger reste fidèle à lui-même nous transmettant sa rage et son aura si particulière, mi-possèdé, mi-bourré. Les Dessner (Aaron et Bryce) nous montrent quant à eux tout l’étendue de leurs talents dès les premières notes. On s’en rend tout de suite compte, The National est un groupe à part, doté d’une une classe et d’un univers unique retranscrit à la perfection durant ce début de concert. Le show prend ensuite une tout autre tournure, plus dynamique avec le classique Don’t Swallow The Gap puis Bloodbuzz Ohio et le magnifique I Need My Girl. En ce qui concerne le public, les premiers rangs bien garnis de festivaliers étrangers reprennent à l’unisson les paroles des diverses chansons, tandis que le reste des spectateurs semblent quant à eux assez statiques (comme souvent au Pithcfork non ?). Les chansons s’enchainent rapidement, ponctuées de temps à autre par quelques interactions avec le public.

On apprend ainsi que le groupe était en représentation la veille, à Chicago, suite à l’invitation du président Obama à l’occasion d’une soirée au profit de l’Obama Foundation, la classe non ?

Un I’ll Still Destroy You très réussi et un « Fuck Trump » plus tard, le chaos s’empare de la Grande Halle de la Villette avec un Turtleneck ravageur. Dans une ambiance délétère, le frontman s’avance au plus proche de la fosse puis s’engouffre dans la foule, traversant la masse de spectateur le micro à la main. Un moment de rage intense qui finit de convaincre même les plus indécis d’entre nous.

Le groupe enchaîne avec Secret Meeting et Slow Show, deux chansons vieilles de plus de 10 ans, ravissant ainsi les fans de longue date.

Bryce Dessner, le parisien de la bande nous exprime alors dans un français presque parfais sa joie d’enfin jouer « à la maison » et lance Day I Die et ses guitares stridentes. On arrive déjà vers la fin du set, avec un grand classique Fake Empire (utilisé dans le spot de campagne de Barack Obama en 2008). Cuivres, basse et guitares surpuissantes, foule surchauffée et jeu de lumière plus que réussis, tout est réunis pour un instant de grâce totale. Berninger quitte la scène laissant ses comparses se charger d’un final survolté.

Le groupe fait ensuite appel à Rone (qui a rejoint la programmation de cette journée au dernier moment suite à l’invitation de The National) pour une magnifique interprétation live de l’expérimental Sleep Well Beast. Pour clôturer magistralement leur set, The National joue la carte du classique mais toujours aussi efficace Terrible Love, hymne emblématique repris en chœur par des festivaliers comblés.

The National nous a une nouvelle fois proposé une prestation live de grande qualité, une sélection de morceaux intéressante oscillant entre mélancolie et rage pendant près d’1h20. L’idéal pour clôturer une première journée de festival très réussie.

Setlist :

Karen 

The System Only Dreams in total Darkness

Walk It Back

Guilty Party

Don’t Swallow The Gap

Bloodbuzz Ohio

I Need My Girl

I’ll Still Destroy You

Turtleneck

Secret Meeting

Slow Show 

Carin At The Liquor Store

Day I Die

Fake Empire

Sleep Well Beast 

Terrible Love

 

Article rédigé par Nils Le Breton

Photographies via Pitchfork Music Festival Paris / Alban Gendrot